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Haï, haï, haï, un Mendès négationniste !
Pas moyen de rester bêtement un français blanc catholique !
Sommés en soixante-huit d’être "tous juifs allemands" nous devenions après la tragédie du WTC "tous américains" selon Colombani (du Monde) et voilà que Tristan Mendès-France nous décrète "tous juifs noirs" dans un article de Libé où il expose « un moyen très simple de clouer le bec à tous les Dieudonné qui essaient de mettre en concurrence les porteurs de mémoires des génocides et autres crimes contre l’humanité ».
Quel moyen ? « Il suffit de relire l’article 1 du Code noir par lequel, en 1685, Louis XIV instaura l’esclavage dans le royaume de France : "enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois (...) à peine de confiscation de corps et de biens." » Conclusion de Mendès : « L’acte même de fondation de l’esclavage intégra donc les juifs dans la communauté des exclus. »
Ce Mendès nous prend vraiment pour des pommes.
Au lieu de nous canuler avec l’inévitable baratin sur les malheurs du peuple errant solidaire des autres proscrits, il devrait lire le Jérusalem Post (28/10/04).
Selon un sondage de l’Institut Geographica, 75 % des Israéliens refusent que leurs enfants se marient avec des Falashas et 25 % refusent que leur progéniture côtoie à l’école ces nègres israélites d’Ethiopie qu’ils tiennent pour des primitifs (11 %) voire du bétail (10 %).
Ce n’est pas nouveau. Au XIIe siècle Maimonide le Rambam de Cordoue, considéré aujourd’hui encore comme le plus grand philosophe juif, le Grand Aigle (hannecher haguado) écrivait dans la Michne Torah : "les Nègres de l’extrême sud et ceux qui leur ressemblent dans nos climats sont à considérer comme des animaux irraisonnables au-dessous des hommes et au-dessus des singes".
Que Tristan Mendès combatte cette opinion n’excuse pas son négationnisme.
- C’est se moquer du monde que d’appeler "acte de fondation de l’esclavage" le Code noir qui réglementa un usage séculaire en ordonnant (article 2) que "Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine, interdisant aux mauvais maîtres de les traiter comme bétail".
- Le Code noir ne visait pas les seuls Juifs mais les ennemis déclarés du nom chrétien, c’est-à-dire, dans la langue de l’époque tous les non-catholiques. L’article 4 stipulant que "Ne seront préposés aucuns commandeurs à la direction des nègres, qui ne fassent profession de la religion Catholique, Apostolique et Romaine (...)" Et ce justement parce que ces derniers étaient supposés indifférents à la dignité que le baptême conférait aux esclaves.
- Les juifs n’étaient pas les égaux des noirs dans le malheur. Les premiers étaient libres, pas les seconds.
- L’expulsion ne fut pas exécutée. Les planteurs firent valoir que bannir les trafiquants d’esclaves aurait ruiné une économie fondée sur la main-d’oeuvre gratuite.
Enfin, Mendès l’ancien se montra un des plus féroces trafiquants et maîtres de son temps.
Historienne israélite pourtant ultra-sectaire, Ruth Dreifuss écrit : « (...) lointain ancêtre de l’ancien président du Conseil, membre de la communauté séfarade de Bordeaux (Mendès) revenant s’établir en France, y emmène deux de ses esclaves, "le Nègre Gabriel Pampy et la Négresse Amynte Julienne, originaire de Congo", comme on disait alors, âgés de 24 et 18 ans. Lassés par les mauvais traitements, tous deux s’enfuient de chez leur maître après huit mois de séjour parisien. »
"Lassés par les mauvais traitements". On ne saurait être plus clair.
Affranchis du seul fait de leur présence sur le Pré Carré où l’esclavage était interdit, Pampy et Julienne furent l’enjeu d’un procès opposant l’esclavagiste Mendès à la Couronne (on aimerait, au passage, que l’actuel Mendès explique comme le monarque absolu d’un pays fanatiquement antisémite a si longtemps supporté d’être importuné par un juif étranger...). Finalement la Justice donna tort au mauvais maître.
On ne voit pas bien comment Mendès espère tirer argument de cette affaire pour fonder avec les descendants des esclaves de son aïeul une communauté de souffrance.
Il devrait méditer le vieux proverbe créole : « Di moin qui vous lhai, ma di vous qui vous yé. »
Dis-moi qui tu hais, je te dirais qui tu es...
Le Libre Journal